23Jeu052013

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Sécheresse et gestion de l'eau : de l’eau pour tous et pour tout

Le point de vue de Thierry JOULIN,Conseiller régional CPNT de Poitou-Charentes 

Aujourd’hui comme hier et probablement plus encore demain, la gestion de l’eau va être et rester une préoccupation majeure dans notre cadre de vie et ceci, que l’on soit un particulier, un entrepreneur, un agriculteur, un touriste, un pêcheur ou un chasseur.
Alors de l’eau, oui ! Avec modération, certes, mais pour tout le monde s’il vous plaît !
En effet, c’est toujours très facile de “tirer sur l’ambulance” mais a priori, ça l’est beaucoup moins de regarder la vérité en face et de dire "oui", il existe des solutions : comme des réserves de substitution qui pourraient stocker à elles seules plusieurs millions de m3 et par conséquent, palier partiellement le manque manifeste d'eau que nous subissons actuellement.
Mais voilà, les associations de protection de l’environnement s’y opposent systématiquement et forment sur chaque projet de retenues d'eau un recours devant le Tribunal Administratif avec à l’appui un certain nombre d’arguments plus ou moins fallacieux, mais qui suffisent à compromettre la mise en oeuvre des projets.

Les écolos préfèrent, et c’est bien naturel, voir partir des millions de m3 d’eau à la mer définitivement perdus que d’accepter l’évidence ! CPNT s’insurge contre ce genre d’ineptie. Le but recherché par ces groupuscules n’est-il pas en réalité tout simplement de voir disparaître un pan entier de l’agriculture qui les dérange, la pêche ainsi bien évidemment que la chasse et ceci, faut il le rappeler, avec notre argent ?
L’ensemble de ces associations qui ont chacune entre un et quelques dizaines d’adhérents ne vit que par les substantielles subventions publiques, étant totalement incapables de s’assumer seules, la majeure partie de ces financements étant utilisée à des fins juridiques.
CPNT demande, car il en serait grand temps pour la bonne marche de notre Société, que l’Etat, les Départements et les Régions arrêtent de distribuer généreusement les deniers publics à ces bobo-écolos agissant de façon dogmatique et irrationnelle.
Souvenons-nous du projet de barrage de la Trézence, en Charente-Maritime. Celui-ci avait pour objectifs de favoriser la production d’huîtres dans le bassin de Marennes-Oléron, de soutenir l’activité agricole très présente dans ce secteur, mais aussi de renforcer les débits d’étiage de la Charente et de la Boutonne. C’était un projet ambitieux, coûteux certes, mais qui aurait eu des effets à long terme et donc amortissables. Il aurait facilité, faut-il le rappeler, la vie et le travail des agriculteurs et du monde professionnel de la pêche, mais tout cela n’a que bien peu d’importance aux yeux de l’écologie punitive bien pensante. Le Conseil d’État a rendu sa décision et cela en a été fini de ce projet qui ne se fera pas. La sanction envers le monde rural est tombée, définitivement tombée. Un coup de massue supplémentaire.
La ruralité une fois encore paie très chèrement les conséquences d’une “écologie de salon” voulant mettre la nature sous cloche pour au final mieux la détruire, mieux la défigurer !! Un environnement où l’homme n’a pas, n’a plus sa place ! Comment peut-on alors se prévaloir de préserver la nature quand, du fait des conséquences évidentes de l’étiage, les poissons meurent par centaines et que la flore dépérit jusqu’à l’anéantissement. N’est-ce pas de la biodiversité dont il s’agit ?
Comment ne pas s’insurger quand on voit des cours d’eau à sec alors que des solutions existent, même si ce n’est pas la panacée ? Les réserves d'eau peuvent, qu’on le veuille ou non, en faciliter la gestion en situation de crise afin d’éviter, comme cela est le cas aujourd’hui, l'adoption d'arrêtés préfectoraux de plus en plus restrictifs.
Pour le financement de ces réserves d'eau, il convient tout simplement de soumettre l’idée à l’État et aux Collectivités locales d’interrompre le versement de millions d’euros au profit des écolos pour en faire bénéficier directement ceux qui produisent, ceux qui travaillent et qui essayent tant bien que mal de vivre du fruit de ce travail.
Malheureusement, je pense qu’on n’en est pas encore là et qu’on en est même très loin notamment quand je lis dans un magazine que les élus de la majorité du Conseil régional du Poitou-Charentes ont fait parvenir un courrier aux ministres concernés en réaction à une circulaire publiée durant l’été 2010 sur la politique de l’eau prévoyant une majoration des taux d’aide pour les études d’incidence et projets de retenues de substitution collectives.
La réponse est claire concernant la majorité PS-Verts : elle refuse de s'engager dans ces études de réalisation et d'impact, car elle refuse une hausse de la participation financière régionale ! Elle considère en effet que ces financements de retenues d'eau vont fortement grever les budgets régionaux et donc impacter les aménagements prévus. Certes, mais je considère que c'est une question de choix politique, l'exécutif ayant préféré le soutien aux associations écologistes plutôt que le soutien structurel aux agriculteurs. Mais les subventions grassement servies à chaque Commission permanente aux écolos ne sont-elles pas elles aussi, de l’argent public ? Pour ma part, je souhaiterais qu'elles soient supprimées et consacrées au financement des retenues de substitution !
En conclusion, si pour CPNT préserver la biodiversité est une évidence (sans sanctuarisation !), cela passe inéluctablement par la solution qui nous est offerte de créer des retenues de substitution pour l'eau, vitales tant pour les espaces naturels que pour les activités rurales s'y exerçant. Cela ne réglera pas l'ensemble du problème, mais au moins, cela le réduira et il serait grand temps d’en prendre enfin conscience. A bon entendeur...

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