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Il y a une vingtaine d’années, l’Europe a demandé à la France de faire en sorte qu’en 2015, son eau soit de qualité. « Vaste programme ! » aurait dit un président de la République qui, lui, n’acceptait pas, à juste titre, que la France soit mise sous tutelle de l’Europe et de ses technocrates !

Les gouvernements se sont succédé; des centaines de textes législatifs ou règlementaires ont vu le jour  et la qualité de l’eau toujours aussi peu satisfaisante malgré des efforts sensibles et l’action, importante et reconnue des Agences de l’Eau. C’est en tout cas ce que pense l’Europe, celle qui préfère la réflexion-papier à Bruxelles à l’évaluation-terrain sur les terroirs ! Et ses technocrates ne manqueront pas de sanctionner notre pays par de lourdes amendes et ce, dès l’année prochaine.

Depuis quelques mois; le gouvernement semble avoir découvert cette épée de Damoclès et pointe du doigt les deux maillons faibles que sont selon lui d’une part les agriculteurs et de l’autre, les propriétaires d’étangs. Et c’est ainsi en catastrophe qu’a été concoctée à la hussarde une nouvelle carte dite « des zones vulnérables », outrancière et qui poussera à la ruine nombre d’exploitations !

Des agriculteurs injustement trop montrés du doigt !

Il ne se passe pas de jours sans qu’une pseudo association écologiste, un représentant d’un SAGE quelconque ou un technicien d’un syndicat intercommunal d’un bassin versant ne lancent l’anathème contre ces représentants, même si tout n’a pas été correctement fait par ceux-ci il faut quand même le rappeler, mais ils étaient aussi, surtout pour les agriculteurs, enfermés dans un système que les décideurs politiques, y compris européens et là est l’ironie de l’histoire, leur ont imposé.

C’est tellement facile de se cacher derrière son petit doigt pour masquer son incurie et son laxisme. CPNT, le seul parti de la Ruralité, s’élève véhémentement contre ces accusations  qui désignent à la vindicte nationale ces deux piliers du corps social rural qui, plutôt qu’être montrés du doigt et punis, devraient plutôt bénéficier d’un accompagnement pour faire évoluer en douceur les pratiques et comportements.

Comment peut-on accepter de voir les agriculteurs mis systématiquement en cause, accusés de polluer les eaux des fleuves et rivières quand on sait que cette pollution émane aussi et fortement des rejets industriels, de bons nombres de réseaux d’assainissement à bout de souffle ou de stations d’épuration insuffisantes face à la montée en puissance des lotissements qui sortent de terre chaque année dans nos campagnes, grignotant des dizaines de milliers d’hectares de terres agricoles ?

Quand donc ces écolocrates comprendront que les agriculteurs mettent ce que l’Industrie et la recherche leur donnent et à des prix quasiment imposés ? Ils sont unanimes, à l’exception de quelques-uns comme toujours, au contraire à tenter, quand ils le peuvent, de diminuer engrais et autres traitements. Mais il faut bien qu’ils vivent, qu’ils récoltent, qu’ils suivent les obligations européennes et … qu’ils produisent ce que tous nous leur demandons et attendons ! Nombre d’entre eux respectent la législation  et sont même en deçà des normes autorisées. Allons-nous longtemps encore montrer du doigt un secteur qui rapporte des milliards de devises à l’export, pilier de notre balance commerciale ? Allons-nous continuer à stigmatiser une profession si génératrice d’emplois directs et indirects ? Serions-nous si riches, et si ascètes, pour nous en passer ?

Les propriétaires d’étangs ne sont pas mieux lotis.

Combien d’associations dites de défenseurs de l’écologie et du développement durable, ou autre SAGE, ne les accusent-ils pas d’être source de pollution lors des vidanges au moment de la pêche ? Comment peut-on affirmer de telles inepties quand on sait la quantité faramineuse de textes contraignants encadrant l’activité piscicole extensive en France ? Chaque année, des documents plus restrictifs les uns que les autres viennent entraver le travail des pisciculteurs.

Ajoutez à cela la présence des cormorans ou autres espèces destructrices piscivores et vous comprendrez pourquoi nombre de pisciculteurs baissent les bras, ouvrent les bondes et assèchent les étangs, mettant à mal une richesse faunistique et floristique que seuls ces plans d’eau sont capables de générer !

Faut-il avoir un esprit tortueux et déviant pour affirmer péremptoirement que ces lacs et étangs sont source de pollution des fleuves et rivières quand on les vidange, quand on voit toute la littérature règlementaire qui encadre cette activité ? Bien sûr, certains indélicats font n’importe quoi et doivent être sanctionnés et empêchés de nuire s’il y a faute. Là encore, comme dans tout groupe social, il y a des incapables ou des ignorants qui ne vident pas  ou pas assez souvent. C’est pour cela qu’existent des associations et syndicats de propriétaires d’étangs assistés de spécialistes pour conseiller.

Un plan d’eau n’est jamais autant productif que lorsqu’on le pêche tous les deux à trois ans. On accuse les étangs alors qu’ils sont des filtres, qu’ils capturent et retiennent les sédiments. L’eau qui sort d’un étang est plus propre que celle qui y entre ; c’est une évidence. Et lorsqu’ils sont vidés, l’eau s’écoule souvent par un moine, c'est-à-dire que l’eau part par le haut et si c’est par une vanne de fond ou un pointeau, la vase reste en place, car toute vidange se fait doucement et sur plusieurs jours pour ne point stresser le poisson ! Certes il se produit parfois un accident, mais c’est rarissime; l’exception ne constitue en aucun cas la règle générale. C’est en suivant ces préceptes simples de vidange que l’on peut connaître sa pièce d’eau, voir s’il faut la curer, traiter la vase en demandant l’autorisation à la DDT et en suivant les obligations légales.

Au lieu de sanctionner bêtement, la puissance publique ferait mieux d’aider et assister ces propriétaires qui œuvrent plus pour l’écologie que toute cette bande de braillards et d’incompétents bobécolos qui ne connaissent les campagnes qu’entre mai et septembre et s’extasient sur une sarcelle, un plongeur ou un anodonte comme s’il venait de découvrir la lune !

Faute de quoi ces étangs multi séculaires pour certains d’entre eux disparaîtront tous un beau jour, laissant la place au blé ou au maïs voire au béton. L’État serait mieux inspiré de respecter lui-même et d’abord ses propres lois et de donner l’autorisation de tir du grand cormoran qui pille à s’en faire « péter l’estomac » étangs, fleuves et rivières, et ce à la date prévue (ouverture de la chasse au gibier d’eau) et non un mois après, comme c’est le cas cette année.

Enfin ne serait-il pas temps de se poser les bonnes questions et d’arrêter de désigner des lampistes pour se donner bonne conscience ?

Mais qui rejette les hormones dans les fleuves ? Qui a fermé les yeux sur le déversement de pyralène par hectolitres au point qu’il est recommandé de ne point consommer le poisson du Rhône ? Qui a laissé les égouts se vider dans les rivières pendant des décennies? Qui a laissé des milliers de litres de gasoil partir au fil de l’eau ? Qui a autorisé la vente d’espèces invasives dans les jardineries ou leur écoulement dans divers parcs animaliers ou réserves associatives ? Qui a autorisé l’extraction scandaleuse de granulats dans la Loire et de défigurer le dernier fleuve sauvage d’Europe ? Quel indigent a pensé faire remonter des pétroliers jusqu’à Angers ?

Laissons les agriculteurs se mettre progressivement aux normes – à condition de réduire le nombre de celles-ci et de les rationaliser ! - et accompagnons-les sur ce chemin vertueux plutôt que de faire croire qu’ils prennent plaisir à dégrader sciemment l’environnement ? Comment peut-on imaginer qu’un propriétaire d’étang, qu’un pisciculteur, détruise ce monde vivant et ce milieu qu’est un plan d’eau, source de plaisir pour l’un et de gagne-pain pour l’autre : vont-ils scier eux-mêmes les branches sur lesquelles sur lesquelles ils sont assis ? Cessons de marcher sur la tête !

Et si nous ne nous posons pas les bonnes questions pour réagir intelligemment, l’Europe elle, bien que hors-sol va s’en charger très vite; et là, ça va faire mal … malheureusement pas aux EnVerdeurs et aux contemplatifs écolos !

 

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Pour rompre avec les années délirantes des ministères verts de l’environnement, une nouvelle méthode a été mise en place 2en 2007 avec le fameux et fumeux Grenelle de l’Environnement qui aboutit à un catalogue de mesures qui ont coûté plus de milliards d’Euros aux collectivités et au contribuable. Quelle déception ! Quelle approche partielle, voire partiale, de l’écologie : la montagne a bien accouché d’une souris … verte !

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