Pour une régulation drastique du fléau « cormorans » !
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19 Jul 2010
Un fléau impacte et menace gravement les milieux naturels, la biodiversité et la pêche : le cormoran (Phalacrocorax carbo carbo) aujourd’hui en nombre considérable et croissant. Cette invasion biologique a considérablement modifié les écosystèmes et la biodiversité. A ce jour, aucune décision administrative n’a été prise sérieusement de façon globale, hormis des tirs de régulation trop insuffisants, notamment en zone maritime, ceci alors que sa population a été multipliée par 20 ces dernières années (autour de 1.8 millions d’individus au minimum en Europe de l’ouest : Pays-Bas, Belgique, France, Espagne et Italie) ! Or les cormorans engendrent des dommages durables aux fermes aquacoles comme aux stocks de nombreuses espèces sauvages dans les eaux intérieures qui font pourtant l’objet de mesures d’encadrement de la part de l’Union Européenne ! Le cormoran est donc une atteinte à la biodiversité équilibrée !
Des dégâts insupportables !
Les communications des aquaculteurs sont particulièrement alarmistes. Outre les risques sanitaires (pour information, sur 67 cormorans régulés en 2008 dans une AAPPMA du Pas de Calais, 59 étaient porteurs du taenia, soit environ 90% !) et la prolifération d’espèces envahissantes, la production piscicole française en étangs a diminué d’un tiers essentiellement en raison de l’impact des cormorans. A titre d’information, la France exportait 1500 tonnes de poissons en 1996; en 2009, elle en importait 1500 tonnes pour satisfaire les clients ! Ceci sans oublier les 50 millions de pertes de production piscicole dus essentiellement aux dégâts causés par les cormorans. La lassitude et le désespoir exprimés par les pisciculteurs français sont graves car ils vont déboucher sur des abandons d’activité, la disparition des zones humides et le risque de générer des actions et des débordements incontrôlés de la part d’une profession devenue sinistrée dans un silence assourdissant des pouvoirs publics sur cette question.
Une régulation prévue par l’Europe mais peu effective et trop limitée !
Pourtant des mesures existent quant aux cormorans avec une régulation prévue mais non effective dans les faits : le Parlement Européen a adopté par 558 voix pour, 7 voix contre et 18 abstentions, une résolution de sa commission Pêche sur l’établissement d’un plan de gestion des cormorans. Globalement, le Parlement Européen demande à la Commission d’examiner tous les moyens juridiques existants, pour réduire les incidences négatives des effectifs de cormorans sur la pêche et l’aquaculture et à présenter des propositions pour régler dans son ensemble le problème des cormorans. La Commission est également appelée à présenter un plan de gestion sur plusieurs étapes, coordonné à l’échelle européenne, sur l’effectif des cormorans en sorte d’intégrer à long terme les effectifs de cormorans dans le paysage humain, sans compromettre la réalisation des objectifs énoncés par la directive 79/409 remplacée récemment par la directive 2009/147 et dans le programme de natura 2000 pour ce qui est des poissons et des écosystèmes aquatiques. La Commission devrait également apporter plus de précisions à la notion de « dommages importants » introduite à la directive oiseau 2009/147, de manière à permettre une interprétation uniforme et satisfaisante de ces termes. De même, la Commission devrait communiquer des orientations sur la nature des dérogations autorisées par la directive pour lever toute ambigüité potentielle sur la terminologie utilisée.
CPNT demande la création d’une Commission interministérielle
Le temps passe et on ne vient guère de choses arriver concrètement sur le terrain quant à ce dispositif européen : la Commission semblant plus prompte à réagir quand il s’agit de limiter la chasse... Au delà de cette inertie européenne, le mille-feuille législatif etréglementaire français est en outre une des grandes sources des problèmes auxquels sont confrontés les pêcheurs et la filière piscicole car nos propres législations se coordonnent mal. CPNT juge nécessaire la création d’une telle commission interministérielle pour identifier les obstacles et surtout les lever : ce serait une mesure de bon sens appréciée à sa juste valeur par le monde de la pêche. De nombreux indicateurs, halieutiques, écologiques et économiques, attestent de l’urgence à mettre en oeuvre un plan ambitieux de régulation de cette espèce sur notre littoral.
Agir pour la ressource piscicole menacée par le cormoran
Un très grand nombre de pêcheurs eau douce le demandent et l’attendent avec impatience. De plus en plus de pêcheurs en mer également car la conservation des espèces piscicole, comme par exemple de bars juvéniles (ils passent les 4 premières années de leur existence près des côtes et dans les estuaires), des truites de mer et des saumons qui remontent les cours d’eau pour frayer, est réellement menacée du fait de la prolifération du cormoran. Les pêcheurs sportifs et amateurs, acteurs responsables, dénoncent avec force l’indolence actuelle face à un phénomène qui s’amplifie d’année en années et qui ruine les divers plans de conservation de la faune piscicole, comme cela a déjà été le cas pour la pêche en eau douce.
Biodiversité et idéologie sectaire écologiste
Tout cela par la faute de la prédation des cormorans, dont le nombre ne cesse de croître. Ils ne sont à présent plus menacés de disparition aujourd’hui (on voit là les méfaits d’un système de classement des espèces par trop rigide) à l’inverse de certaines espèces. Les résultats scientifiques sont peu accessibles, comment faire ? Une passerelle entre chercheur et acteurs de terrains dont les pêcheurs est nécessaire. L’année 2010 n’est-elle pas l’année de la biodiversité ? Pour autant, et peut-être à cause de cela et de toute l’idéologie qui entoure cette question (c’est sur pression des écologistes, surtout allemands, lors du naufrage et de la marée noire de l’Amoco Cadiz en 1978 que le cormoran a été protégé), 2010 ne devrait malheureusement pas être celle de l’année de la régulation accrue du cormoran alors qu’il est lui-même un facteur hautement menaçant de la biodiversité... Cette question du cormoran est très importante tant en termes de gestion équilibrée et rationnelle de la biodiversité que pour le maintien d’une pêche de qualité.
C’est bien pourquoi CPNT se bat pour cela ! CPNT, par l’intermédiaire de plusieurs parlementaires de la Majorité, a saisi du dossier le ministère de l’écologie qui a aussitôt transmis pour analyse et étude cette question aux services administratifs compétents.



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