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Chasse et biodiversité : une évidence mais comment ?

Tous les chasseurs en sont convaincus; les autres acteurs ruraux l’attestent, des experts extérieurs le relèvent (Game Conservancy Trust ou European Landsowners Organization notamment): les aménagements cynégétiques favorisent le maintien et le développement de la biodiversité et ont d’abord un impact sur les milieux, les paysages et la faune.
Boisements, haies, bandes enherbées, jachères, cultures spéciales, mares de huttes, etc. supportés par les chasseurs en partenariat avec le monde agricole, voilà un exemple d’écologie active, non contemplative, bénéfique pour l’environnement, mais loin des paillettes people.

Mais le sait-on? Sait-on les actions considérables et nombreuses des Fédérations de Chasseurs, GIC ou autres structures comme la Fondation pour la Protection des Habitats de la Faune Sauvage pour les territoires et pas seulement à portée strictement cynégétique même si, au final, les espèces gibiers et donc les chasseurs en tirent profit?

Nous vivons dans une société de communication, ce qu’ont bien perçu depuis longtemps nos détracteurs. Nous avons longtemps préféré la discrétion (le mépris ?) sur la chose écologique et avons oublié de promouvoir notre réel rôle d’écologistes de terrain.

Heureusement, mais tard, les choses ont évolué: les chasseurs et leurs instances se sont enfin assumés et décidés à promouvoir leurs actions. La chasse agit et le montre; enfin !
Pour développer cette biodiversité, par un volet cynégétique, il faut assurer le partenariat et l’interconnexion avec le monde agricole par une ambitieuse politique d’aménagements de territoires avec ses moyens, notamment financiers.

C’est un fait, les territoires et leur maîtrise foncière répondent à des impératifs économiques pour leurs propriétaires. Or la société leur en demande plus et mieux, en oubliant ce coût qui n’est pas mutualisé parmi les utilisateurs gratuits.

Ce n’est donc qu’en donnant une plus-value économique à ces aménagements, en leur ôtant leur charge pour les agriculteurs ou forestiers par un soutien actif fiscal ou financier, qu’on leur donnera un intérêt, une valeur. Ainsi inversera-t-on la tendance compréhensible à leur destruction puisqu’ils n’étaient qu’une entrave à la production.

En clair, alors que tout est fait à ce jour pour la biodiversité extraordinaire qui ne semble intéresser que les soi-disant écologistes, soutenons plutôt, car c’est l’enjeu majeur des territoires, la biodiversité ordinaire, banale, par l’intégration économique : c’est cela le développement durable !

Lançons donc une politique ambitieuse de soutien à ces aménagements comme le montre bien le programme Agrifaune unissant FNC, APCA, FNSEA et ONCFS. L’Etat doit y apporter sa contribution (qu'est-ce que quelques centaines de milliers d’Euros par an ?) par l’incitation fiscale et par le soutien de filières de diversification ou de méthodes de production durables et raisonnées. Idem pour l’Europe qui peut agir via la PAC avec soutien au développement rural transversal et par les baux environnementaux d’agriculture durable.

Voilà un investissement intelligent, bien plus rentable environnementalement parlant, que de simplement ouvrir des robinets de subventions publiques à des associations ne s’en servant qu’à des fins de fonctionnement interne.

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