20Lun052013

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Réflexions sur les prix du carburant

La hausse du prix du carburant pénalise aussi, en plus des acteurs économiques, les habitants des zones rurales ! Pour une politique d’aménagement du territoire intégrant une réflexion énergétique et fiscale


Au-delà des professionnels durement touchés par cette flambée des prix du carburant qui risque fort de faire disparaître des centaines d’entreprises et d’agriculteurs ou d’artisans pêcheurs, il faut rappeler qu’avec eux, ce sont de nombreux « Français d’en bas », notamment les ruraux, qui sont aussi pénalisés.  
En effet, on sait ce que représente l’indispensable moyen de locomotion qu’est la voiture, notamment dans les zones rurales où elle demeure trop souvent l’unique moyen de communication face au désengagement progressif des services publics au profit d’une soi-disant rentabilité. Cette flambée des prix du carburant est la condamnation à terme des campagnes déjà fortement touchées par la marginalisation économique et la désertification.  
Il est économiquement vital pour tous de voir baisser le prix des carburants mais servir « l’intérêt de la République » commande que la fiscalité du carburant constitue un véritable pan de la réforme fiscale dont le gouvernement ne devrait pas faire l’économie.  

  • Dans un premier temps, l’idée d’instauration d’un carburant à prix professionnel ainsi qu’un remboursement, total ou partiel, et temporaire, de la TIPP sont constitutifs d’un premier pas intéressant mais non suffisant.
  • Par ailleurs, ce problème étant d’envergure internationale, il faut rechercher une réponse à minima au niveau européen et la piste évoquée d’un allégement, ou d’une suspension, de la TVA pourrait en partie être celle-ci sans oublier une réaffectation des bénéfices des compagnies pétrolières, voire une cotisation pour un Fonds d’intervention professionnel (Cf. Système mutualisé du FIPOL).

    Mais si l’approche catégorielle menée actuellement est une bonne solution dans l’urgence pour éviter l’effondrement économique de certaines activités (marins pêcheurs, transporteurs, taxis, agriculteurs, professions médicales, etc.), elle ne suffit pas à moyen terme car partielle puisqu’occultant les lourdes difficultés induites pour de nombreux foyers. Tout le monde est dans la même galère, il faut donc une réponse globale.  

    • Aussi, outre une politique énergétique et fiscale équilibrée, il conviendrait de repenser totalement la politique d’aménagement du territoire qui ne peut être qu’irresponsable lorsqu’elle condamne directement le monde rural !

      Au regard de l’alourdissement des factures de carburant des ruraux et des acteurs économiques du territoire, il faut dépasser la simple réflexion financière du coût transport et aborder les questions touchant aux infrastructures et aux solutions alternatives désenclavant leurs territoires, tout en les équipant de services de proximité,  qui permettront au final de faire baisser la facture !

      - Soutenir l'essor du transport combiné rail / route.
      - Favoriser la complémentarité des transports urbains et interurbains (une réflexion doit être menée sur la question des lignes ferroviaires qui tendent à la réduction alors même qu’elles sont une alternative intéressante pour le transfert zones rurales / centres urbains avec un rôle trouble des Conseils régionaux en la matière).
      - Développer les Nouvelles Technologies de l'Information et assurer la couverture complète du territoire pour les mobiles, internet, ADSL et TNT pour le développement de l’e-économie (une redistribution du dividende numérique pour assurer la couverture totale doit absolument être menée).
      - Exploiter en matière de transport aérien le potentiel des aéroports régionaux existants et développer les connexions entre aéroports.
      - Rétablir et développer le transport fluvial qui est le moins onéreux et le plus écologique.
      - Développer le cabotage pour les transferts sur zones littorales afin de désengorger le réseau routier arrière – littoral.