Réforme territoriale : les réactions de CPNT en régions

jeudi 12 juin 2014

Réformette territoriale : la Picardie écartelée sans respect de son histoire !

Jean PILNIAK, Conseiller régional CPNT de Picardie, exprime sa déception face au manque d’ampleur et de courage de la réforme territoriale présentée par François Hollande.

Si la fusion de certaines régions est nécessaire, il ne s’agissait pourtant pas de faire du grand n’importe quoi pour le président de la République et c’est malheureusement ce qu’il a fait avec la Picardie.
Finalement, ce n’est globalement qu’une réformette car le président de la République, a reculé devant les coups de menton de certains barons socialistes dans de nombreuses régions et cédé à la facilité confirmant ainsi le peu de poids de certains autres présidents de Région comme celui de Picardie par exemple. En abandonnant  le projet de fusion Départements-Région  pour en garder un ersatz, il a « joué petits bras », ratant un grand et vrai rendez-vous avec l’histoire de l’organisation territoriale française.

Refusant de considérer l’Histoire et d’écouter les Picards, attachés viscéralement à leur identité régionale millénaire, le président de la République marie, sans aucune concertation avec les populations, les élus locaux et institutions régionales (Collectivités, CESER, Chambres consulaires, etc.) la Picardie avec Champagne-Ardennes !
Comment croire et justifier une telle fusion si étalée et étirée sur près de 530 km, sans culture ou histoire fonctionnelle commune – hormis le sang de 14-18 - ni habitudes de corrélation fonctionnelle ? Quels rapport et dénominateurs communs entre Abbeville et Chaumont, entre la Baie d’Authie ou de Somme et le Plateau de Langres ? Ainsi, par exemple, à l’heure où les instances cynégétiques parlent de régionalisation de la chasse, il sera particulièrement difficile de gérer la chasse des migrateurs ou les dégâts de grands gibiers à l’échelon d’une telle nouvelle région surdimensionnée aux données biologiques si différentes, aux habitudes de chasse si opposées et aux préoccupations si disparates voire opposées.

Enfin, il faut veiller à ce que la ruralité, et notamment ses territoires ruraux les plus reculés, ne soit pas sacrifiée sur l’autel de la réforme et des intérêts urbains, au nom de la « dictature du plus grand nombre », tant budgétaire … qu’électorale !

 

Réforme territoriale : Une nouvelle bataille de Normandie ?

Pascal Marie, Délégué CPNT de la manche et Secrétaire général adjoint de CPNT, exprime une position duale quant à la réforme territoriale et la nouvelle carte régionale.

De façon nationale, c’est une énorme déception face au manque d’ampleur et de courage de la réforme présentée par François Hollande. Sa réformette fait « pschittt ! » car le président de la République, reculant devant les coups de menton des barons socialistes dans de nombreuses régions, l’a « joué petits bras », ratant un grand et vrai rendez-vous avec l’histoire de l’organisation territoriale française.

Il déplore également le défaut de concertation avec les populations et forces vives locales pour une réforme qui finalement n’aura été faite que sur un coin de table élyséen, à Paris, d’où un fort soupçon de bricolage, de tripatouillage entre copains, des petits arrangements politiciens et arbitraires. François Hollande parlait de démocratie et de décentralisation, il agit en jacobin centralisateur sourd au peuple !
Pour ce qui est de la Normandie, par contre, Pascal Marie exprime sa satisfaction de voir enfin reconnues et considérées l’identité et la logique territoriale et historique par la fusion des deux régions normandes qui enfin n’en feront qu’une.

Selon le délégué de CPNT Manche, il faudra cependant veiller à ce que la ruralité, et notamment ses territoires ruraux les plus marqués comme la Manche, ne soit pas sacrifiée sur l’autel de la réforme et des intérêts urbains, de Rouen, au nom de la « dictature du plus grand nombre », tant budgétaire … qu’électorale ! La Manche, département si agricole, ne devra pas être rabaissée en simple « vache à lait » de l’agglomération rouennaise, ou faire figure de frontière si lointaine d’une région pensée, captée et finalement considérée comme le simple fief de la Cour de Laurent Fabius et de ses vassaux politiques, installée en sa capitale rouennaise.


Réforme territoriale imposée : Poitou-Charentes au régime Royal !

Pascale GUITTET et Thierry JOULIN, Conseillers  régionaux CPNT du Poitou-Charentes, expriment leur déception et leur colère face au manque d’ampleur et surtout au manque de courage d’un Président de la République sous tutelle.

Si la fusion de certaines régions est d’évidence nécessaire, il ne s’agissait pas pour autant de faire du grand n’importe quoi à l’image de ce qu’un Président en quête de popularité mais révélant une nouvelle fois sa tendance à l’amateurisme.

C’est malheureusement ce qu’il a fait avec le Poitou-Charentes en le mariant de force avec le Centre et le Limousin sur demande expresse de Madame la Ministre Royal : mais qu’a-t-elle donc fait de sa fameuse,
devenue ainsi fumeuse, « démocratie participative » ?!

Pour les conseillers régionaux CPNT, cette réforme n’est finalement et globalement que du bricolage, du tripatouillage entre copains, des petits arrangements politiciens et arbitraires suivant les régions refusant de considérer l’Histoire et d’écouter, comme il s’y était engagé d’ailleurs, les acteurs et populations locales. François Hollande parlait de démocratie et de décentralisation, il agit en jacobin centralisateur sourd au peuple !
Aucune réelle concertation n’aura eu lieu et c’est dans le secret d’un cabinet, avec des calculettes « spécial élections », en une heure de temps, que cette réforme qui aurait dû être majeure pour l’avenir de notre pays a été bâclée.

Aucune réelle étude d’impact économique, infrastructurelle, budgétaire, administrative ou fonctionnelle n’a été menée. Aucune réponse quant au dispositif de financement des nouvelles compétences régionales n’a été donnée. Aucune définition des aux capitales régionales, installations ou fusions des services interrégionaux n’a été abordé.

Comment justifier ou accepter de telles fusions de régions (le cas de Picardie avec Champagne-Ardenne ou de Rhône-Alpes avec Auvergne et bien sûr de Poitou-Charentes avec Centre et Limousin est criant) et

comment comprendre que les régions Le Drian ou Rousset … plus exactement les régions Bretagne ou Aquitaine n’aient pas été concernée par une extension-fusion ? « Clientélisme, quand tu nous tiens » !...

Le résultat reste sans appel : en effet, supprimer trois petites régions pauvres n’en fera pas une riche ; au contraire, la réforme en fera un monstre ingérable, tout aussi pauvre et sans perspectives d’économies !

Les conseillers régionaux CPNT de Poitou-Charentes estiment enfin qu’il faudra veiller à ce que nos territoires ruraux ne soient pas non plus sacrifiés sur l’autel d’une réformette  et de ses  intérêts  urbains au nom de la dictature « du plus grand nombre » tant budgétaire....qu’électorale ....! Ils ne devront pas non plus être sacrifiés sur l’autel des ambitions de Mme Royal rêvant de se dôter d’un nouveau fief à la taille de ses ambitions gargantuesques !

 

Aquitaine : OUI par une logique d’aménagement du territoire ; pas par une logique électoraliste !

Frédéric Nihous, président de CPNT et conseiller régional d’Aquitaine, accueille avec satisfaction la volonté de réforme territoriale exprimée par l’actuel exécutif tout en regrettant le flou de l’annonce et les soupçons d’électoralisme et de charcutage politicien.

OUI, le mille-feuilles administratif français doit être allégé ! Comme le président de CPNT l’avait déjà exprimé lors du récent (et désormais inutile ?!!!) découpage électoral cantonal il y a … 5 mois, il faut supprimer les départements, fusionner des intercommunalités et des Régions tout en veillant à ne pas mettre au rebus les territoires ruraux par des procédures d’éloignement !

Ainsi, si l’on veut effectivement faire des économies (et c’est nécessaire !), la logique suppose la suppression des Conseils généraux, avec redistribution de leurs compétences entre l’échelon stratégique d’aménagement que sont les Conseils régionaux et l’échelon de proximité d’équipement et de gestion sociale que devraient être les intercommunalités qu’il faudra, elles aussi, regrouper pour éviter l’inflation de structures se chevauchant souvent, se concurrençant toujours ! Or, alors que l’État veut fusionner des Régions, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques a déjà refusé quelques fusions d’intercommunalités, par exemple en Béarn : où est la logique ?

Une structure départementale, non élective mais d’ingénierie administrative et d’aménagement du territoire car le modèle napoléonien a construit l’État sur ce modèle, serait à redéfinir pour assurer le liant efficace et opérationnel entre services d’État et interlocuteurs et acteurs publics et économiques.

Pour ce qui est des Régions, OUI aux fusions de certaines d’entre elles mais sur des bases historiques et de logiques économiques et à condition de les valider par un référendum régional et dans le respect de la Constitution : pas au forceps gouvernemental et étatique, ce qui serait un comble pour une mesure de décentralisation !

Concernant la Région Aquitaine, Frédéric Nihous est favorable à une fusion sous l’étendard historique et la culture du sud-ouest ne pourrait être qu’avec Midi-Pyrénées, comme le montrent déjà plusieurs coopérations interrégionales et qu’il faut donc soutenir de toutes ses forces ! Comment croire et justifier un mariage avec le Limousin, sans liaisons infrastructurelles ni habitudes de corrélation ? Et comment accepter sans inquiétude une union avec la Région Poitou-Charentes qui a déjà, symbole négatif explicite, montré son défaut de solidarité et de réflexion d’intérêt général interrégional en refusant de contribuer à la réalisation de la LGV en Aquitaine au motif que « ce n’était pas son affaire » !

Enfin, il faut veiller à ce que la ruralité, et notamment ses territoires ruraux les plus reculés ou souffrant de handicap naturel important (montagne, notamment), ne soit pas sacrifiée sur l’autel de la réforme et des intérêts urbains, au nom de la « dictature du plus grand nombre », tant budgétaire … qu’électorale ! Il ne faut pas de concentration et d’hégémonie urbaines des pouvoirs sous peine de créer un pays à deux vitesses, un territoire balkanisé !

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