Cri d’alarme des producteurs laitiers, de moutons, de porcs, de volailles : l’élevage français va-t-il disparaître ?

lundi 11 mars 2013
© Stocklib - I.V.Hateren

La commission Agriculture de CPNT-Le Mouvement de la Ruralité constate des résultats d'exploitation, plus bas que pendant la dernière crise laitière qui avait engendré la grève du lait. Ce sont uniquement les quelques hectares de céréales en surplus et la hausse des prix de la viande qui maintiennent en ce moment à flot les laitiers. C’est un comble !

Dans la Charte des Droits de l'Homme, est écrit que chacun doit vivre du fruit de son travail. Cela laisse rêveur, dans le contexte actuel ! Car même avec les primes, les éleveurs sont obligés de prélever leurs salaires sur les découverts bancaires !
L'élevage est indispensable dans les régions de petites terres et de zones humides. L'entretien de la ruralité et le maintien du tissu rural y sont fortement liés et en dépendent par interaction.
CPNT-Le Mouvement de la Ruralité demande au ministre de l’Agriculture de mettre en œuvre un programme de sauvegarde de toute la filière de l’élevage en France : bœuf, porc, mouton, volailles…
CPNT exige des prix rémunérateurs pour toutes les productions animales et le maintien d'un système de régulation des productions, seul apte à les garantir. Il n'y a que de cette manière que le revenu des producteurs laitiers pourra devenir équitable, car on ne peut pas accepter qu'un système de gestion comme celui du lait, qui a fait ses preuves, soit totalement démantelé comme c’est le cas.
La solidarité avec le monde agricole ne doit pas être un vœu pieux et il ne faut pas stigmatiser les éleveurs, car soyons réalistes, les aides européennes sont faites pour compenser une vente à perte.
De même, il est urgent d’imaginer une caisse de péréquation dans laquelle l’ensemble des aides agricoles serait versé, y compris pour les éleveurs de porcs, de moutons et de volailles. En fonction des prix de vente des produits agricoles, cela permettrait de soutenir abondamment les éleveurs les plus fragilisés sans demander beaucoup d’effort aux consommateurs.
Pour CPNT, « il ne suffit pas de visiter le Salon de l’Agriculture pendant 10 heures » pour défendre l’agriculture. Il faut plutôt, pour celui qui est au pouvoir et qui a tous les pouvoirs, sauver une filière agricole indispensable au maintien de nos territoires ruraux, par des actes concrets plutôt que par des photos ou des petites blagues !
Les éleveurs français n’ont plus le cœur à rire et le paradoxe de cette histoire est que les éleveurs vivent depuis plusieurs années un mal-être et un gâchis total d’autant plus qu’ils sont les plus contrôlés et qu’ils subissent un amoncellement toujours plus important de normes contraignantes. Ils se sentent harcelés au quotidien et cela explique aussi, en plus de la crise, le nombre faramineux et inadmissible de suicides dans la profession agricole (de 400 à 500 en France !), dans un quasi-silence assourdissant des pouvoirs publics.
Enfin, allons-nous pouvoir conserver nos emplois dans les abattoirs en France à l’avenir ?
CPNT constate que les ouvriers des abattoirs de bovins ont un plan de charge qui s’allège de plus en plus et qu’ils commencent à être inquiets pour leurs emplois !
CPNT demande au gouvernement et aux élus de la Nation une mobilisation sans faille pour défendre nos éleveurs et leurs produits de qualité.
Pour CPNT-Le Mouvement de la Ruralité, l’élevage en France est aussi le gage du maintien et de la vie de nos territoires ruraux. Il faut donc absolument en assurer la reconnaissance et la pérennité, car cette filière de proximité et de qualité est indispensable pour notre économie et pour l’emploi.

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