Remédicaliser les territoires

jeudi 1 novembre 2012
Fotolia - E V Rabenstein

La désertification médicale est l’un des maux dont souffre la ruralité avec son cortège d’inégalités au regard de la santé, des soins et de ce service au public auxquels devrait avoir accès toute la population, d’égale façon. Déjà, la fermeture de nombreux « petits » hôpitaux ruraux pour raisons d’économies (elles se font souvent sur le dos des ruraux !) pénalise fortement les habitants des terroirs français obligés de faire des kilomètres supplémentaires pour se soigner.

Aujourd’hui, force est de constater que les médecins et autres professions médicales commencent à manquer  cruellement dans de nombreuses zones rurales. Les raisons de cette désertification sont multiples : démographie médicale en chute libre, conditions d’exercice difficiles, surcharge de travail en raison de l’augmentation de la clientèle (corollaire inévitable de la baisse du nombre de médecins), enclavement des villages, flambée du prix des carburants, etc.

Les conséquences directes et indirectes sont multiples : inégalité d’accès médical pour la population, perte de l’égalité des chances devant la santé, risques accrus des complications, délais de réactivité plus longs, fragilisation psychologique…

De plus, l’absence ou la disparition des services vitaux (comme la médecine) et/ou publics dans les villages provoquent départs et désertification des villages avec d’énormes répercussions économiques tant pour la vie collective que privées. Les finances et les circuits commerciaux se tarissent, les équipements et investissements s’amenuisent par manque d’argent : les villages meurent et les territoires sont abandonnés. Le risque majeur devient alors les délocalisations vers … les centres urbains ; c’est l’exode rural et l’appauvrissement, humain et économique de nos terroirs !

 

Pour relancer la médecine rurale, CPNT veut :  

  • Élargir le numerus clausus pour disposer d’un nombre accru de médecins pour répondre aux manques dans les zones rurales.
  • Inciter les médecins, ainsi que les pharmaciens et infirmières, à s’installer en milieu rural 
    - Par des mesures de défiscalisation, d’allégement de charges et des tarifs préférentiels.
    - Par l’organisation de la PDS et des gardes de nuit, par un traitement spécifique de l’urgence en liaison avec le « 15 »
    - Par la mise à disposition par les communes, soutenues par l’Etat, de locaux et de logements, ceci sur une longue période. Au nom de l’égalité des citoyens et de la solidarité, ces frais locaux devraient être pris en charge par l’Etat et autres Collectivités en raison de leurs compétences sociales et d’aménagement du territoire pour ne pas assommer les communes souffrant déjà de cette déprise rurale !
  • Créer des antennes médicales rurales
    - En associant plusieurs communes et en fonction des spécificités géographiques, ces antennes seraient gérées comme les « ruches d’entreprises », par les communes ou l’intercommunalité, avec locaux, personnels, véhicules, matériels…
    Les médecins participeraient sous forme de vacations (système existant pour les pompiers, par exemple), à tour de rôle. Ces vacations seraient également prises en charge par l’Etat ou les collectivités toujours au nom de la solidarité et de l’égalité des chances. Ce système permettrait en outre de soulager les autres médecins en cas de soins urgents, notamment en période de vacances et d’afflux de touristes dans ces zones rurales très attractives.
  • Faire participer les hôpitaux au système
    Ainsi, les hôpitaux les plus proches pourraient eux aussi contribuer à cette véritable solidarité et action d’aménagement du territoire en mettant à disposition des personnels (stagiaires, internes, spécialistes,…) en fonction des besoins. Cette action aiderait à la formation médicale continue ainsi qu’à celle des étudiants internes et externes.
  • Développer les moyens de communication
    Tous doivent être mis en place et développés pour assurer enfin une couverture totale du territoire tant pour la téléphonie mobile que pour Internet ou pour la vidéo transmission. En effet, il est impensable, et scandaleux que des zones entières – certes reculées – de notre territoire ne soient pas couvertes par ces réseaux, ce qui met en danger les populations qui y vivent, car, en cas de problèmes, elles ne peuvent prévenir quelqu’un que trop tardivement !
    Ces moyens, indispensables pour la médecine en zone rurale, sont tout autant indispensables pour la vie en général. Une telle organisation spatiale profiterait ainsi à tout le monde.
    Par ailleurs, une telle mise en commun des moyens, sur place avec la création de cette structure associant tous les corps de santé, médicaux et paramédicaux avec la participation des services sociaux et d’aide locaux permettra d’assurer et d’organiser au mieux le maintien à domicile des personnes âgées, si attachées à leur village qu’elles n’auront plus à quitter.
  • Assurer la présence des services publics hospitaliers et médicaux sur tout le territoire avec un accès égal et sécurisé pour tous.
  • Interdire la fermeture des hôpitaux ou cliniques ruralaux.
  • Développer un important programme de maintien et relance de la médecine spécialisée, notamment pédiatrique, en zones rurales.
  • Aider à trouver des remplaçants et des repreneurs en cas de cessation d’activité.

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